Méthode d'élevage(2)


J'élève depuis quelques années déjà, des Chardonnerets sibériens en mutation de couleur non pas sans difficultés car c'est, à mon avis, un oiseau à qui il faut apporter beaucoup de soins et une nourriture bien adaptée à son régime alimentaire.

Pour l'élevage, je dispose de quelques volières extérieures de 1m20 X 0m80 X 2m de haut

Comme graines, ils reçoivent toute l'année un mélange de ma composition : alpiste, figer, chardon, onagre, périllat, laitue, millet, gazon, lin, chicorée, chènevis, tournesol, graines sauvages.

SOINS HIVERNAUX
Mâles et femelles sont séparés dans des volières.
Comme soins journaliers, ils reçoivent leur mélange de graines rationné, par journée de façon à ce que le soir quasi chaque sorte de graines soient mangées.
Trois fois par semaine, ils reçoivent une ration de pâtée aux oeufs de ma composition (oeufs durs + biscottes écrasées), mélangée avec des graines trempées (niger). Sachant qu'un oeuf dur contient tous les acides aminés dont ils ont besoin, l'apport de pâtée aux oeufs, l'hiver, est à mon avis une bonne chose pour les chardonnerets, en effet, au moment de l'élevage, ceux-ci sont habitués à la manger et la transmettront sans difficulté à leurs jeunes.
Comme friandise, je leur distribue de temps en temps, du millet en grappe, des petites branches de bouleau et d'aulne en graines. Comme verdure, je leur donne des feuilles de pissenlit et des petites orties en graines, qui sont fort appréciés par les chardonnerets car ceci reste pour eux des choses naturelles.

En observant le chardonneret dans la nature à partir de l'automne, on peut le voir fourrager en petit groupe à la recherche de graines d'aulne, de bouleau, d'orties ainsi que des mauvaises herbes restantes. Dès que le printemps approche, ils se nourrissent de graines non mûres comme le pissenlit, le mouron blanc, le chardon laiteux, etc. Je pense que selon les saisons, ils ont besoin des différentes choses que la nature leur apporte et respecter ce cyde d'alimentation en captivité n'est pas chose facile, mais c'est à l'éleveur de trouver le juste milieu selon le temps dont il dispose et le nombre d'oiseaux qu'il élève. Je pense, en effet, que la qualité vaut mieux que la quantité.

SOINS PENDANT L'ELEVAGE
Les chardonnerets sont mis par couple début avril.
Fin avril seulement, chaque volière est équipée de deux nids, entourés de quelques branches de genêts. A partir de ce moment là, ils reçoivent journellement toujours le même mélange de graines rationné, plus une part de pâtée aux oeufs additionnée de niger germé. C'est le moment, de leur donner ce que la nature leur offre en cette saison : mouron en graines, laiteron, gazon et surtout tête de pissenlit en graines qui, je pense, les mènent naturellement vers la reproduction.

Comme matériaux de construction pour le nid, ils reçoivent des fibres de coco, de la charpie, du coton et du mouron séché (celui ci, parait-il, est un remède contre les poux).
La femelle construit le nid seule, quelquefois aidée par le mâle, mais celui ci, en général, se contente de chanter ou de transporter quelques matériaux.
Dès que le premier oeuf a été pondu, celui ci est retiré et remplacé par un oeuf factice. Ceux ci, en attendant sont conservés dans un petit bac contenant des graines et ne sont remis au nid qu'après la ponte du cinquième, afin que tous les jeunes naissent en même temps.

Mes chardonnerets commencent en général assez tard à nidifier ; la plupart commence mi-mai, début juin et élève jusqu'à fin août. La couvaison dure treize jours. Dès que la femelle a commencé sa couvaison, une observation sérieuse est nécessaire quant au comportement du mâle. En effet, celui ci picote quelquefois les oeufs ou détruit le nid.
Deux solutions sont alors possibles :
Soit isoler le mâle dans une petite cage, tout en le laissant dans la voliére jusqu'à ce que les jeunes soient sortis du nid, soit l'enlever complètement de la vue de la femelle.
Pour ma part, quand ce problème se pose, j'obtiens de meilleurs résultats avec la deuxième solution. Certes la femelle est obligée d'élever les petits jusqu'à ce qu'ils mangent seuls, mais en général cela se passe bien.
Par contre, afin de ne pas donner à la femelle l'envie de repondre, il faut retirer les nids, sitôt que les jeunes sont sortis. Dès leur sevrage, on peut remettre les nids et le mâle.
Dès la naissance des jeunes, le couple reçoit, trois fois par jour, de la pâtée aux oeufs additionnée de pinkies et de niger germé, enrichie bien sûr, avec des choses naturelles telles que le laiteron, du pissenlit, du mouron mais en petite quanti-té afin que le maximum de pâtée aux oeufs soit distribuée aux jeunes.

Le baguage se fait en diamètre 2.7 à l'âge de cinq ou six jours. Les bagues sont entourées de sparadrap couleur chair afin d'éviter le rejet par les parents.

La mue des jeunes est une période à ne pas négliger, des volières propres, une bonne nourriture et en général tout se passe bien.

CONCLUSION
L'élevage du chardonneret sibérien en mutation m'apporte, à chaque saison d'élevage, toujours autant de plaisir, vu la beauté de cet oiseau et sa progression en nouvelles couleurs.
Certes, il existe beaucoup d'autres méthodes d'élevage sûrement toutes aussi bonnes et chaque éleveur a ses petits trucs.
Pour conclure, je pense que ma méthode d'élevage est fiable car j'obtiens chaque année un nombre satisfaisant de jeunes.
Cependant de nouvelles idées sont toujours les bienvenues !


Texte et photos : Christophe Hector